Articles de Presse
Juin 1999
Souvenir
Samedi 5 juin à 20h30 au CAZAC : assemblée générale de l'association "Angélique, un ange est passé"
Au centre du débat : la création d'un fichier central d'empreintes génétiques
Plus de deux ans et demi après l'assassinat d'Angélique Dumetz, une Compiégnoise de 19 ans retrouvée morte dans un fossé, en forêt de Compiègne, les amis et voisins des parents de la jeune victime viennent de constituer une association sous le nom "Angélique, un ange est passé". Sa première assemblée générale aura lieu samedi 5 juin au CAZAC de Royallieu. L'occasion pour retracer les diverses manifestations organisées depuis le drame et pour demander la création d'un fichier central d'empreintes génétiques.
Dimanche 13 octobre 1996, vers 9 heures, un cycliste découvrait le corps d'Angélique Dumetz, au fond d'un fossé situé en bordure de la route de forêt reliant le carrefour des Loups à celui de l'Armistice. La jeune compiégnoise de 19 ans avait été atrocement tuée à coups de couteau. Au fil de leur enquête, les policiers apprendront qu'Angélique avait eu un rapport sexuel avant de mourir, sans pour cela déterminer si elle avait été violée ou non. Pas un témoin de ces faits particulièrement horribles n'a apporté un indice, aussi minime soit-il. La veille de son assassinat, Angélique avait fêté un anniversaire entre amis dans la salle du CAZAC (comité d'animation de la Z.A.C) de Royallieu. La soirée s'est ensuite prolongée à la discothèque le City Hall, place de l'Hôtel de ville. Après une légère dispute, les amis de la jeune fille décidèrent de partir vers 3h45, la laissant seule dans la boite de nuit. A partir de ce moment là, personne ne l'aurait vu sortir du City Hall. Sa mort remonterait entre 5 et 6 heures. Depuis, les policiers de la police judiciaire de Creil cherche le moindre indice qui pourrait les conduire au meurtrier. Bien que son empreinte génétique soit connue, l'assassin court toujours pendant que Marie-Pierre et Patrick, les parents de la jeune victime croulent sous le chagrin.
"MAINTENANT ANGÉLIQUE VA VIVRE À TRAVERS CETTE ASSOCIATION"
Depuis ce drame affreux, un élan de solidarité s'est constitué autour
des parents comme le confirme d'ailleurs la maman d'Angélique, Marie-Pierre
Mazier ."Les gens de mon quartier m'ont énormément soutenu",
affirme-t-elle, " et puis je suis persuadée que toute le monde pense
à Angélique au fond de leur coeur."
Afin de ne pas oublier cet horrible crime resté impuni, différentes manifestations ont été organisées par le comité de soutien pour Angélique telles que la marche blanche, la messe célébrée par le père Guy Gilbert, le prêtre des loubards, le marche silencieuse de décembre 1998 qui n'avait pour unique objectif, que de demander plus de moyens pour retrouver au plus vite l'assassin de la jeune compiégnoise et puis il y a eu plus récemment le lâcher de 890 ballons blancs représentant les 890 jours qui ont suivi le crime.
Voici quelques semaines, le comité de soutien est devenu une association sous le nom "Angélique, un ange est passé" et dont la marraine est Anne-Marie Giraudet, présidente du CAZAC et conseillère municipale. Ce sont les plus proches amies d'Angélique qui ont accepté d'être à la tête du bureau. Il s'agit d'Emilie Vieville, présidente et Vanessa Wawrzyniak, vice-présidente. "J'ai trouvé qu'Emilie avait sa place en tant que présidente", note Marie-Pierre avant d'ajouter "Et maintenant Angélique va vivre à travers cette association et c'est pour moi quelque chose de très important. "
PLUS DE 8 000 PÉTITIONS
Quant aux membres de l'association, ils sont représentés en majorité
par les personnes qui habitent dans le quartier des Pans. Selon Martine Capiez
secrétaire adjointe, l'objectif de cette association est d'être mieux
structurée et ainsi plus reconnue notamment auprès des pouvoirs publics.
La première assemblée générale aura lieu, samedi 5 juin à
20h30, dans la salle du CAZAC, rue du Docteur Roux à Compiègne. C'est
à la demande Marie-Pierre Mazier que ce soir-Ià, une exposition de photos
et de coupures de presse et la projection d'un cassette vidéo retracera
les différentes actions qui ont été entreprises pendant les deux
ans demi qui ont suivi la mort d'Angélique.
"Nous retracerons également les différentes motivations de chacun
pour que le dossier Angélique ne tombe pas dans l'oubli" indique également
Martine Capiez avant d'aborder le problème du fichier central d'empreintes
génétiques. "La création d'un fichier d'empreintes génétiques
est une question qui a été soulevée,en mai 1998 par messieurs les
députés Degauchy et Carvalho. Et au jour d'aujourd'hui, il n'y a toujours
rien. Et pourtant, nous avons avec nous plus de 8000 pétitions."
"Le soir de la réunion, nous allons parler sérieusement de ce fichier d'empreintes génétiques", souligne de son côté Marie-Pierre Mazier, "Le texte est fait et ça coince quelque part. Ça ne doit pas plaire à certaines personnes. C'est vrai que tout le monde à peur d'un dérapage mais je crois qu'il faut absolument mettre en place ce fichier." Sur ce sujet, Marie-Pierre Mazier indique que l'association "Angélique, un ange est passé" a l'intention de prendre contact avec les parents de la petite Caroline Dickinson, assassinée à PleineFougères (Ile et Vilaine), quelques semaines après le crime d'Angélique et dont l'auteur reste, lui aussi, toujours introuvable. "Nous atous nous mettre en relation avec eux et nous allons nous battre pour obtenir ce fameux fichier d'empreintes génétiques." Une action qui sera également soutenue par Monsieur Boulay, père d'une fille assassinée il y a dix ans, et qui a fondé l'association Aide aux parents d'enfant victime (APEV) à Issy les Moulineaux. "Et lui, il réclame ce ficher depuis plusieurs années" précise Marie-Pierre Mazier.
"ON A DU MAL À DÉLIER LES LANGUES"
L'association "Angélique, un ange est passé" a bien l'intention de mettre en place des manifestations tous les trois mois. "Si on se rend compte qu'à Compiègne, les gens n'oublient pas Angélique, il faut aussi qu'ils sachent que Madame Mazier souffre terriblement et on voudrait qüe ça s'arrête !"
Toujours-est-il que Martine Capiez assure que l'affaire Angélique reste la principale priorité pour le juge Hervé Auchères, chargé du dossier. "II travaille beaucoup sur le dossier Angélique, il faut lui faire confiance", affirme-t-elle.
Marie-Pierre Mazier rencontrera le juge Auchères le jeudi 24 juin, afin de faire le point sur l'enquête. "Je sens que ce juge en veut. Il est très motivé, ça se voit. Je suis confiante même s'il ne m'annonce toujours pas l' arrestation de l'assassin de ma fille." Néanmoins, Marie-Pierre Mazier confirme bien que des policiers de la PJ de Creil sont en permanence sur cette affaire et que toutes les pistes possibles et inimaginables sont traités d'une manière méticuleuse. "En mars dernier, j'ai bien lancé un appel à témoins, mais hélas, cela n'a rien donné", regrette la maman d'Angélique qui affirme néanmoins, ne pas vouloir jamais baisser les bras pour autant." On a du mal à délier les langues. Et pourtant, je suis certaine qu'il y a des personnes qui ont des choses à dire. Pendant ce temps, je pense que je croise l'assassin d'Angélique tous les jours. Pour moi ; c'est une horreur."
Rappelons pour terminer que la première assemblée générale de l'association " Angélique un ange est passé" aura lieu, samedi 5 juin à 20h30, dans la salle du CAZAC, rue du Docteur Roux à Compiègne. "Venez nombreux !", conclût la secrétaire adjointe.
Daniel TROUSSELLE
Oise Hebdo du 2 juin 1999
Soutien
L'association "Angélique, un ange est passé" réclame le fichier central d'empreintes génétiques
Une manifestation pour retrouver l'assassin d'Angélique prévue, en septembre, à Paris
L'association "Angélique, un ange est passé" réclame la création d'un fichier central d'empreintes génétiques. Elle organisera pour cela différentes actions dont la première est prévue, en septembre, à Paris
Comme nous le relations dans notre précédente édition, le comité de soutien pour Angélique, la jeune compiégnoise assassinée le dimanche 13 octobre 1996 et dont le meurtrier reste toujours en fuite, est à présent passé sous le régime d'une association sous le nom "Angélique, un ange est passé". Samedi 5 juin vers 21 heures, s'est tenue dans la salle du CAZAC, rue du Docteur Roux, la première assemblée générale de cette nouvelle association présidée par Emilie Vieville, avec à ses côtés Vanessa Wawrzyniak, les deux plus proches amies d'Angélique Dumetz.
Une trentaine de personnes, en majorité du quartier des Pans, a ainsi assisté à cette réunion qui s'est déroulée en présence de Marie-Pierre Mazier, la mère de la jeune victime, mais également du sénateur maire, Philippe Marini et des députés de l'Oise, Patrice Carvalho et Lucien Degauchy.
Les murs de la salle étaient recouverts de photos, de coupures de presse, de documents officiels émanant de ministres, voire du directeur de cabinet du président de la République, dans le but de présenter une exposition qui retraçait les différentes actions entreprises ces trente derniers mois qui ont suivi la mort d'Angélique. La projection d'une cassette vidéo a également permis au public de revenir sur des cruels souvenirs.
Pendant cette réunion, différents sujets ont été abordés
dont celui de la création en France d'un fichier central d'empreintes génétiques
qui tient particulièrement à coeur aux parents d'Angélique. Bien
que la question ait déjà été posée, le 10 août 1998,
par le député Patrice Carvalho à Jean-Pierre Chevènement, ministre
de l'Intérieur et que, récemment encore, Lucien Degauchy, ait lui-même
soulevé le problème à Jacques Chirac, au jour d'aujourd'hui,ce fichier
est toujours inexistant.
"A la prochaine assemblée, je vais poser à Jean-Pierre Chevènement
la question de savoir si ce fichier central d'empreintes génétiques
sera inscrit dans la loi Guigou, ou si le gouvernement a l'intention de le mettre
sous forme de décret" a annoncé de son côté Patrice Carvalho.
UN PREMIER CONTACT AVEC L'AVOCAT DES DICKINSON
Cependant, c'est avec volonté et détermination que la mère d'Angelique et toutes les personnes qui l'a soutiennent gardent espoir de voir un jour ce fichier se mettre en place, surtout après la nouvelle que l'avocate, maître Bellier, a communiqué à Marie-Pierre Mazier, la semaine dernière. "Nous cherchions depuis longtemps pour nous mettre en contact avec l'avocat des parents de la petite Caroline Dickinson, assassinée à Pleine Fougères (Ile et Vilaine) (ndlr : et dont l'assassin reste, lui aussi, introuvable). Et bien, depuis vendredi dernier, c'est fait ! Désormais, je pense que ça va nous faciliter les choses dans la mesure où monsieur Dickinson demande lui aussi le fichier d'empreintes génétiques".
Une action qui devrait être également soutenue par Monsieur Boulay, père d'une jeune fille assassinée il y a dix ans, et qui a fondé l'association Aide aux parents d'enfants victimes (APEV) à Issy les Moulineaux. "Et lui aussi réclame ce ficher depuis plusieurs années, mais sur le plan européen", précise Marie-Pierre Mazier. Quoiqu'il en soit, l'association "Angélique, un ange est passé" a bien l'intention de mettre en place des manifestations dont une qui devrait avoir lieu, en septembre au Palais Bourbon à Paris dans le but de réclamer aux parlementaires ce fameux fichier central d'empreintes génétiques. "Nous sommes obligés de nous rendre à Paris, puisqu'à Compiègne, il n'y a aucun résultat malgré les interventions des deux députés", a souligné le mère d'Angélique.
Dans un avenir plus proche, Marie Pierre Mazier rencontrera le juge d'instruction Hervé Auchères le jeudi 24 juin, afin de faire le point sur l'enquête concernant l'assassinat de sa fille.
Daniel TROUSSELLE
Oise Hebdo du 09/06/1999